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Kouame Yelly Rébecca's Friends
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International House, New York (www.ihouse-nyc.org) SCAM !!
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Be careful about International House in New York. I innocently applied for a housing in this place for 6 months, but I did not know it was actually a SCAM.
I went through a very bureaucratic process. First I had to pay a NOT REFUNDABLE 65 USD fee for the application. Then, there are admission criteria that I really think I was fulfilling, but I then received a letter telling me I was denied the housing.
I then asked why I was denied the place, and after 3 phone call attempts, the person told me that I did not fulfill the criteria in the same extent than other candidate, but could not explain why exactly or specifically.
She told me that it was like a university application!!!
I am really upset against International House, which basically steals international students or young people's money!!!!
I you feel you were in the same case and this is actually a SCAM, please write me a email at: sigar14@gmail.com.
The more we are the more powerful we will be.
Cheers,
Simon
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Guinée : Vers un bras de fer entre le capitaine Dadis Camara et les magistrats
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Magistrats, avocats, huissiers, greffiers, notaires et commissaires priseurs - en tout plus de 300 personnes - se sont réunis, mardi, en assemblée générale extraordinaire, dans les locaux de la cour d'appel de Conakry. Ils ont décidé de poursuivre leur mouvement déclenché lundi pour protester contre « l'ingérence du politique dans les affaires judiciaires ». Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir, a eu beau menacer de renvoyer tous les grévistes, les personnels judiciaires ont maintenu, mardi, leur mot d'ordre de grève illimitée. Le mouvement a été déclenché lundi pour protester contre l'ingérence du pouvoir dans les affaires judiciaires.
Source : Rfi
Le bras de fer est-il vraiment engagé entre le bouillant capitaine Moussa Dadis Camara et le personnel judiciaire en Guinée ? Le président de la junte a menacé de mettre à la retraite tous les magistrats qui n’auraient pas repris le travail le 9 juin. Et pourtant, cela n’a pas suffi pour faire fléchir les hommes de loi.
Le porte-parole des magistrats, Ali Thiam, a toutefois souligné : « nous ne voulons pas et nous n’avons aucune intention d’entamer un bras de fer avec le capitaine Dadis. Le capitaine Dadis est le président de la République. Nous lui devons le respect non seulement en tant que le président de la République, mais aussi en tant que le président du Conseil supérieur de la magistrature. Et c’est pour cela que nous avons voulu attirer son attention sur cette situation d’abandon dans laquelle se trouvent les magistrats ».
Au sortir de leur assemblée générale extraordinaire, mardi, les magistrats ont décidé de prolonger leur action. Selon Kéléfa Sall, président de l’association des magistrats de Guinée, il s’agit de poursuivre : « la cessation de toutes nos activités jusqu’à la satisfaction totale et entière de nos revendications contenues dans le mémorandum du 13 mai 2009 ».
L’assemblée a décidé que toute interpellation d’un membre du corps judiciaire signifierait que tous les autres sont aussi prisonniers. « Quand on interpellera un avocat ou un magistrat, ou un notaire, un greffier ou un commissaire priseur, tout le personnel judiciaire se sentira concerné, et se constituera prisonnier. Partout où l’un d’entre nous ira, nous irons tous là-bas », a ajouté Kéléfa Sall. Il s’est également prononcé au sujet des menaces de mises à la retraite anticipée : « toutes les fois qu’un magistrat sera mis à la retraite avant la date normale, qui est de 65 ans selon notre statut, tous les magistrats se considèrent comme étant mis à la retraite ».
En tout cas, pour la deuxième journée consécutive, les cours et les tribunaux sont restés fermés en Guinée.
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Gabon : Rose Francine Rogombé, chef d'Etat par intérim
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Libreville a désigné mardi son chef de l'Etat par intérim, la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé, qui a prêté serment et pris ses fonctions ce mercredi dans le strict respect de la voie constitutionnelle après le décès en Espagne d'Omar Bongo Ondimba. Rose Francine Rogombé a pour mission de conduire le pays jusqu'à l'organisation, dans les 45 jours au plus tard, d'un scrutin présidentiel auquel elle ne pourra participer.
Source : Rfi
La cérémonie a eu lieu à 11 heures locales à la cité de la Démocratie. Rose Francine Rogombé a prêté serment devant la Cour constitutionnelle et les deux bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale.
En janvier 2006, c’est dans cette même salle que le président Bongo avait prêté serment pour son dernier mandat, qui devait s’achever en 2012. La cérémonie de ce matin est un grand symbole.
En 49 ans d’indépendance du Gabon, Madame Rogombé, deviendra le troisième président de la République. Cependant, elle n’a que trente jours, au minimum, quarante-cinq au plus, à passer à la tête de l'Etat. Son carnet de route est clair : organiser les obsèques du président défunt, et surtout organiser l’élection présidentielle, à laquelle elle ne pourra pas être candidate. C’est donc une véritable course contre la montre qui commence aujourd’hui.
Rose Francine Rogombé, portrait
La femme qui est devenue, ce mercredi matin, présidente de la République gabonaise est une personnalité de second plan mais ce n'est pas pour autant une personnalité sans relief. A 66 ans, Rose Francine Rogombé connaît à la fois les arcanes du parti fondé par Omar Bongo, le PDG (le Parti démocratique gabonais), et ceux du pouvoir ; elle fut plusieurs fois secrétaire d'Etat entre 1975 et 1990, avant d'être élue à la tête du Sénat en février dernier.
Native de Lambaréné, férue de religion, elle a obtenu une licence de théologie en 2007. Mais Rose Francine Rogombé est surtout une juriste réputée. Première magistrate gabonaise, elle est devenue avec le temps une spécialiste du droit constitutionnel. Après son élection à la tête du Sénat elle confiait ne vouloir qu'une chose, le respect de la Constitution. Un credo qui prend un relief particulier en cette période de transition où elle conduira le pays jusqu'à l'élection présidentielle.
Celle qui doit en grande partie sa carrière à ses deux pères spirituels, Omar Bongo et Georges Rawiri, l'ancien président du Sénat, n'a sans doute pas été une actrice majeure de la vie politique gabonaise de ces dernières années. Mais cette discrétion et cette relative neutralité seront peut-être demain ses meilleurs atouts.
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TIC et développement durable : une nouvelle chaire Microsoft-CNRS-Polytechnique
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Microsoft, l'Ecole polytechnique et le CNRS ont présenté leur projet de création de chaire pour résoudre plus efficacement les problèmes liés au développement durable à l'aide des TICs.
Sandrine Chicaud
Deux grandes questions se posent autour des NTIC et du développement durable : comment faire pour que ces technologies soient respectueuses de l'environnement ? Et que peuvent faire les TIC pour le développement durable ? C'est à cette deuxième question que veut répondre la nouvelle chaire », résume le général de division Xavier Michel, directeur général de l'Ecole polytechnique, qui a déjà créé cinq chaires autour du développement durable.
Inaugurée officiellement mercredi 3 juin 2009, à Palaiseau, cette chaire, intitulée Optimisation et développement durable (OSD-optimisation & sustainable development), est le fruit d'une collaboration entre l'Ecole polytechnique, le CNRS et Microsoft. Elle vise à développer des techniques et des outils d'optimisation qui pourront être appliqués à des problèmes réels liés au développement durable. « Elle fait appel à des compétences très différentes comme l'informatique, la recherche opérationnelle, la programmation ou l'algorithmique », explique Véronique Donzeau-Gouge, directrice scientifique adjointe au sein de l'Institut des sciences et technologies de l'information et de l'ingénierie (INST2I) du CNRS qui regroupe 170 unités de recherche, dont une soixantaine dans l'informatique.
La chaire recrute une dizaine de personnes
La chaire est animée par Philippe Baptiste, chercheur au CNRS et directeur du laboratoire de recherche informatique de l'Ecole polytechnique (le LIX/CNRS) et par Youssef Hamadi, du Microsoft Research Cambridge – un des laboratoires du Microsoft Research qui compte, au total, près de 800 personnes dans le monde (informaticiens, sociologues, mathématiciens, physiciens, etc.).
Pour l'éditeur, ce nouveau partenariat intervient deux ans après avoir mis sur pied un centre de recherche avec l'Inria à Saclay. En 2008, Microsoft a aussi créé un centre de développement technologique européen, dédié à la recherche sur Internet (Search) et à la mobilité (Search technological center). « Tous ces partenariats procèdent d'une même logique : développer l'innovation, créer des emplois et poser les jalons d'une croissance durable », précise Eric Boustouller, président de Microsoft France.
Aujourd'hui, la chaire est en phase de recrutement pour constituer une équipe d'une dizaine de chercheurs et de doctorants. Durant les deux premières années, elle va nouer des liens avec des équipes de recherche académique et industrielle, affiner la thématique de recherche et élaborer les premiers prototypes d'outils.
Des ateliers de travail et des séminaires seront régulièrement organisés, donnant lieu à des publications, largement diffusées. Une chose est sûre : la chaire a du pain sur la planche pour imaginer des applications dans le domaine du développement durable, extrêmement varié. Par exemple, créer des services en ligne innovants dans l'e-commerce qui permettent à la fois de réduire les déplacements, de diminuer la pollution liée aux transports, tout en contrôlant leur coût énergétique.
Enfin, pour les trois grands acteurs, la nouvelle chaire est aussi « une conséquence directe » de l'effet de regroupement au sein du Pôle de recherche du plateau de Saclay où se situe Digiteo Labs, le premier parc de recherche d'envergure mondiale dans le domaine des sciences et technologies de l'information en Ile-de-France.
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Les droits de l'Homme
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60 ans après la déclaration universelle, la défense des droits de l'Homme fait toujours la Une de l'actualité. Droits fondamentaux violés, libertés bafouées... De nombreuses associations se battent pour protéger nos libertés individuelles et collectives en France comme à l'étranger.
Quel avenir pour les droits de l'Homme ?
Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient l’Assemblée générale des Nations Unies adoptaient la Déclaration universelle des droits de l’Homme à Paris au Palais de Chaillot. Alors qu’on s’apprête aujourd’hui à célébrer son soixantième anniversaire, la peine de mort ou la torture, les violences faites aux femmes, l’implication d’enfants dans des conflits armés, ou encore le terrorisme restent le quotidien de millions d’êtres humains. Pourtant de nombreuses associations se mobilisent pour faire reconnaître ces droits et protéger les victimes.
Abolir la peine de mort et dénoncer la torture
Si la France a aboli la peine de mort depuis plus de 25 ans, le 9 octobre 1981, ce n'est que tout récemment, en octobre 2007, que l'Assemblée nationale ratifiait, sans modification et en première lecture, les deux protocoles abolissant cette pratique « en toutes circonstances », soit également en temps de guerre.
Dans le monde, l'année 2007 a été marquée par l'abolition de la peine capitale dans de nombreux Etats (Ouzbékistan, Gabon, New Jersey...). Selon le rapport publié par Amnesty International, 99 pays ont aboli la peine de mort en 2006, ce qui représente une avancée notable. Pourtant 69 pays la pratiquent toujours aujourd'hui. 3 861 personnes ont été officiellement condamnées à mort cette même année, 20 000 attendent d'être tuées et 1591 ont été exécutées.
Le cas de la Chine est particulièrement inquiétant. Alors qu'elle s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques en août prochain, la peine capitale y est encore applicable pour 68 crimes et délits, y compris des infractions non-violentes telles que la corruption, le vol de bétail ou la fraude fiscale. Profitant de cette fenêtre ouverte sur le monde, neuf associations françaises et internationales, rejointes par des associations très diverses, créent le Collectif Chine JO 2008 . Son objectif : attirer l'attention de l'opinion mondiale sur les avancées nécessaires dans le domaine des droits de l'Homme. « En 2001, le gouvernement Chinois avait promis des avancées notables en matière de droits humains. Sept ans plus tard et à seulement 6 mois des JO, les avancées sont toujours attendues... », lit-on pourtant encore sur le site Internet de l'association Ensemble Contre la Peine de Mort.
Lutter contre la violence faite aux femmes
Sociales, familiales, sexuelles, voire utilisées comme armes de guerre, les violences faites aux femmes sont nombreuses. Malgré la ratification en 1979 par l'Assemblée générale des Nations Unies, d'une Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ces violences continuent.
Au Burundi par exemple, Médecins sans Frontières enregistrait entre 2004 et 2006, pendant la guerre civile, 1346 cas de viols ou violences sexuelles, soit 26 par semaine. En République Démocratique du Congo, ces violences se sont banalisées et se développent dans tout le pays, les criminels bénéficiant d'une étrange impunité. « Le gouvernement congolais avait fait un pas en adoptant, il y a plus d'un an, deux lois sur la répression des violences sexuelles, mais elles restent à ce jour inappliquées », confirme un rapport publié par la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme) en novembre 2007. Pourtant des femmes se mobilisent, notamment dans le Maghreb et le Moyen-Orient, et mènent des actions de sensibilisation tant au niveau régional que national pour soutenir les victimes, apporter des soins médicaux et psychologiques, favoriser leur réinsertion dans la société.
D'autres associations comme Avocats sans Frontière développent des programmes d'accompagnement pour aider à la reconstruction juridique des pays en difficulté. Elles luttent ainsi contre l'impunité, oeuvrent en faveur du droit au procès équitable et contribuent au renforcement de l'État de droit.
Protéger les enfants
« Chaque jour, plus de 26 000 enfants de moins de 5 ans meurent dans le monde, de causes qui pour la plupart auraient pu être prévenues », estime l'Unicef dans son rapport 2008 relatif au droit de l'enfant. Malnutrition, maladies, blessures... les causes sont nombreuses. Même s'il reste beaucoup à faire, les mesures internationales et l'action des ONG commencent à porter leurs fruits. En 2006 pour la première fois, on notait une baisse de la mortalité de l'enfant de moins de 5 ans de 60 %.
Protéger l'enfant, c'est aussi lui épargner toutes formes de violence. En 1989, 191 pays ratifiaient la Convention internationale des droits de l'enfant, premier texte visant à bannir le recours aux enfants soldats. Pourtant cette convention s'adresse aux Etats, ce qui laisse la faculté aux groupes armés non étatiques d'enrôler les enfants selon leur bon vouloir. « On estime actuellement à 250 000 le nombre d'enfants utilisés par les groupes et les forces armés à travers le monde », écrivent Manuel Fontaine, conseiller « protection de l'enfance » à l'Unicef et Henri Leblanc, chargé de programmes à l'Unicef France. Pour combattre ce fléau, l'Unicef s'engage activement en finançant des programmes dédiés à la prise en charge des enfants associés à des entités armées. C'est ainsi qu'en République Centrafricaine, 450 enfants ont été relâchés grâce à la signature d'un accord entre l'association, le gouvernement et l'un des groupes armés.
En France aussi, les Droits de l'Homme doivent être respectés
Si la France apparaît pour beaucoup comme la « patrie des droits humains », elle est encore loin de tous les respecter. Droits au logement, au travail, à l'éducation ou à la culture, respect du droit d'asile ou lutte contre la pauvreté ... Chaque année, le 17 octobre, l'association ATD Quart Monde participe à la Journée mondiale du refus de la misère. Une occasion de rappeler que l'extrême pauvreté existe aussi en France et que la vigilance des citoyens reste fondamentale pour protéger les plus démunis.
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L'emploi et l'insertion chez les jeunes
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Discrimination à l'embauche, manque de réseau relationnel, accès à des emplois sous qualifiés malgré des diplômes élevés... les jeunes issus de l'immigration, de quartiers sensibles ou de zones rurales sont encore trop souvent exclus de l'entreprise. Des associations travaillent au quotidien pour rapprocher jeunes et entreprises et donner à la diversité une vraie dimension professionnelle.
Jeunes, emploi et diversité, un tiercé gagnant
Si le chômage des jeunes est une question préoccupante, l'égalité des chances reste encore aujourd'hui en France un concept à imposer. Discrimination à l'embauche ou victimes des préjugés, manque de réseau relationnel, accès à des emplois sous qualifiés malgré des diplômes élevés... les jeunes issus de l'immigration, de quartiers sensibles ou de zones rurales peinent à s'intégrer professionnellement. Pourtant leurs compétences sont nombreuses et leur volonté d'entreprendre illimitée.
Porter l'initiative dès l'école
Tutorats d'entreprises, interventions d'avocats ou d'entrepreneurs dans les collèges, conventions d'éducation prioritaire pour permettre aux élèves de quartiers défavorisés d'intégrer des grandes écoles, type Sciences Pô ou Essec... Les initiatives se multiplient. Aujourd'hui le gouvernement vient de décider la création de classes d'excellence regroupant les meilleurs élèves de chaque niveau pour leur faire bénéficier d'un enseignement digne des meilleurs établissements... Pourtant et même s'ils ont des idées, les jeunes doutent de leurs compétences ou ne savent pas toujours à qui s'adresser. C'est pourquoi l'association Ashoka, présente aujourd'hui dans 70 pays, développe depuis 15 ans un programme « Jeun-E-S » qui vise à les accompagner tant financièrement que par une mise en réseau, pour développer leur confiance en eux. Nous intervenons dès le collège, en leur disant « lancez-vous, nous pouvons vous aider », explique Catherine Leroy-Jay Fredet, chargée de la communication d'Ashoka. Il s'agit de leur apprendre à s'organiser et de permettre à des jeunes de banlieue de côtoyer d'autres univers pour rompre ce qu'ils appellent eux-mêmes le « syndrome du périphérique ». La peur d'aller à la rencontre d'un monde qu'ils ne connaissent pas.
Faire évoluer l'entreprise
À diplôme égal, les candidatures des jeunes issus de quartiers populaires sont rejetées 4 fois sur 5 et les emplois qu'on leur propose restent en deçà de leur niveau de compétence. Pourtant 500 000 emplois ne sont toujours pas pourvus, explique Saïd Hammouche, directeur général et fondateur de l'association Mozaik RH. Tous ces efforts seraient-ils donc inefficaces ? Car les jeunes, même surdiplômés, restent confrontés à la douloureuse question des préjugés et de la différence. À l'image de cette jeune Antillaise de 26 ans, titulaire d'un Bac +5. « On ne me parle que de mon beau pays, du soleil et de la mer lors de mes entretiens d'embauche, jamais de mes compétences, ni du poste auquel je postule ». Aujourd'hui il semble donc nécessaire de travailler avec les services de ressources humaines des entreprises. Il faut démontrer que la diversité génère de la richesse et faire évoluer les mentalités vers un esprit d'ouverture, ajoute Saïd Hammouche. La démarche de ce dynamique entrepreneur est double. D'un côté, l'association construit des plans d'action sur mesure et adaptés aux problématiques et à la culture de chaque entreprise. De l'autre, elle repère les candidats au sein même des quartiers et les accompagne dans leur recherche d'emploi grâce à un réseau de professionnels bénévoles. Nous proposons des ateliers individuels ou collectifs pour leur permettre d'améliorer leur présentation, les aider à convaincre ou leur transmettre les codes de l'entreprise auquel leur milieu modeste ne leur a pas donné accès.
Soutenir la création et le développement de projets
L'intégration professionnelle passe également par la création d'entreprises. Plus que tout autre, les jeunes des quartiers ont besoin d'être accompagnés. D'abord pour rendre les projets possibles et réalistes, ensuite pour bénéficier d'une aide technique et humaine. Ils ont du mal à identifier les structures qui pourraient les soutenir, explique Abdellah Aboulharjan, fondateur de Jeunes entrepreneurs de France. C'est pourquoi il est important d'aller à leur rencontre et de les aider à définir leurs besoins. Originaire de Mantes la Jolie, j'ai moi-même rencontré ces difficultés (accès aux financements, mise en réseau, connaissance de la réglementation...). Les jeunes que je vois aujourd'hui nous font donc naturellement confiance. Après quatre années d'activité, Jeunes entrepreneurs de France dresse un bilan positif. 400 porteurs de projets ont ainsi été accompagnés et le taux de viabilité s'élève à 75 %. Un chiffre significatif qui révèle l'intérêt d'un engagement de proximité.
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L'aide au développement:Apporter aux populations pauvres les compétences utiles pour leur permettre de mieux vivre à long terme sans dépendre de l'aide internationale, c'est l'enjeu du développement
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Les clés du développement
Comment aider les pays du sud à se développer? Eclairage sur les clés d'un développement réussi et durable.
Pour nourrir le pêcheur, ne lui offre pas de poisson, apprends lui à pêcher. « Le développement, traduit Frédérique William pour l'Association française des volontaires du progrès, consiste à apporter des compétences utiles à quelqu'un qui en a besoin pour survivre et vivre dans de meilleures conditions. ». Une définition large, à l'image d'une démarche à géométrie variable. Dans une dynamique de solidarité à l'échelle mondiale, le développement rassemble des acteurs aussi différents que des associations locales, des collectivités territoriales ou des instances financières ; il se déploie dans des secteurs aussi éloignés que l'éducation, les transports ou la pêche, et s'illustre aussi bien dans les pays du Sud que dans le quart-monde occidental.
Développer les services de base
L'enjeu : mettre un terme à une pauvreté galopante et à une répartition des richesses toujours plus inégale. S'alarmant d'une baisse de revenu qui perdure dans 54 pays, situés, pour la plupart, en Afrique subsaharienne, le rapport mondial 2003 sur le développement humain (publié par l'Onu) incite les pouvoirs publics à développer les services de base. « Les pays pauvres ont besoin de centres de santé ruraux, d'écoles, de routes, d'eau potable, d'installations sanitaires. L'investissement destiné à répondre aux besoins vitaux n'est pas seulement souhaitable pour mettre un terme à la souffrance humaine ; c'est également un élément clé dans une stratégie de croissance économique. »
S'attaquer aux causes de la pauvreté
Des problèmes tels que la malnutrition, l'analphabétisme ou un accès discriminatoire aux services de base pour les femmes, les ruraux et les minorités ethniques sont certes des symptômes de la pauvreté mais en constituent aussi la cause. Les éradiquer est donc une priorité ! C'est ce qu'ont compris les organisations de solidarité internationale : elles consacrent donc leurs plus grosses dépenses aux secteurs de la santé, de l'éducation et du développement rural, sachant que leurs investissements concernent en priorité l'Afrique et l'Océan indien, puis l'Asie.
Une action concertée
Comment améliorer les conditions de vie d'une population tout en favorisant son autonomie économique et financière ? Tous les acteurs de terrain prônent une action concertée, depuis l'évaluation des besoins jusqu'au financement et à la mise en ouvre des projets. Un cas d'école parmi d'autres, mené par Ingénieurs sans Frontières : l'approvisionnement en eau potable dans la région de Kayes, au Mali. « Dans le village de Fanga, ce n'est pas l'accès à l'eau qui pose problème, mais le défaut d'eau potable : c'est la cause de 70 % des maladies en saison des pluies. » En partenariat avec des instances locales, l'équipe a appuyé la réalisation d'un système d'approvisionnement, mené une campagne de sensibilisation sanitaire et formé les villageois à la gestion autonome de l'exploitation.
Un développement durable est un développement approprié
Autre impératif pour un développement réussi : prendre en compte les habitudes des populations, valoriser leurs traditions. Améliorer les conditions de vie implique un processus de transformation sociale et économique ; celui-ci ne sera efficace que si les locaux peuvent se l'approprier. Pour freiner l'exode rural en Mauritanie, l'Association des volontaires du progrès a ainsi misé sur les coopératives de femmes pour favoriser l'autosuffisance alimentaire dans les oasis. Ces femmes ont été formées et ont bénéficié de micro-crédits le temps que leur exploitation soit rentable. Dans la même idée, Architecture et développement favorise l'utilisation de matériaux et de savoir-faire locaux pour l'habitat. Selon Sandra d'Urzo , responsable de programmes, « Tirer parti des compétences des populations, sans oublier le contexte climatique et naturel, est le meilleur moyen de réamorcer des filières d'activités ».
Exploiter des dynamiques porteuses
Investir dans des activités créatrices d'emploi, comme le textile ou le secteur manufacturier est essentiel. Une priorité que s'assigne Agrisud : « La création d'un tissu économique de base passe par de petites exploitations ou entreprises auxquelles il faut assurer un large débouché commercial. » Cette association identifie d'autres dynamiques porteuses : les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population dans les pays pauvres, le secteur agricole, l'entreprenariat, l'épargne et le crédit. « Les organisations de solidarité internationale ne se contentent plus d'un simple soutien financier », conclut Emmanuel Fagnou, directeur exécutif de Coordination Sud. « Elles interviennent essentiellement en renforcement des acteurs de la société civile. »
Le développement vous tente ?
Actuellement, la plupart des ONG agissent sur deux fronts. Là-bas, au Sud, elles mènent des actions de développement avec les populations locales ; ici, en France, elles sensibilisent le public au contexte du développement, y compris macro-économique : c'est ce que l'on appelle l'éducation au développement. Au quotidien, par exemple, acheter équitable, épargner solidaire, parrainer un enfant sont des actes qui comptent. Vous pouvez aussi participer à des campagnes d'information ou de lobbying, comme celle que mène Agir Ici pour réformer les institutions financières institutionnelles. Si le développement vous tente, feuilletez le répertoire des acteurs de la solidarité internationale, publié par Ritimo.
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L'école ailleurs:L’éducation est un droit pour tous. Pourtant, 115 millions d’enfants dans le monde en âge d’être scolarisés ne le sont pas. Guerre, catastrophe naturelle, pauvreté…
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Pour 115 millions d'enfants dans le monde en âge de recevoir un enseignement primaire, la rentrée scolaire n'aura pas lieu. Parce qu'ils sont nés dans un endroit meurtri par la guerre ou la pauvreté, les enfants des pays en développement sont condamnés à travailler ou, pire, à combattre. En Afghanistan, en Haïti, en République démocratique du Congo ou ailleurs, l'éducation est une priorité mais pas toujours une réalité.
L'ambition et les faits
Objectif irréaliste ? D’ici 2015, tous les enfants du monde doivent être scolarisés dans le primaire. C’est l’engagement pris par la communauté internationale. « Le but ne sera peut-être pas atteint dans tous les pays en 2015 », reconnaît d’emblée Nicholas Burnett, directeur du rapport mondial de suivi du programme « l’Education pour tous », dirigé par l’Unesco. Près de 115 millions d’enfants dans le monde en âge de recevoir un enseignement primaire ne sont pas scolarisés. Soit environ 20% d’enfants privés de ce droit fondamental, selon l’Unicef, qui met en œuvre des actions d’éducation aux quatre coins du globe. Parmi les régions qui accusent le plus grand retard : l’Afrique Subsaharienne et l’Asie du Sud. Huit enfants non scolarisés sur dix vivent en effet dans ces zones démunies, souvent déchirées par des conflits.
L'école, une seconde chance
Retraité de l’Unesco, André Lokisso a créé l’association Assistance à l’intégration des enfants démobilisés (AIED) pour réinsérer les enfants soldats en République Démocratique du Congo (RDC). « Plus de 38 000 enfants soldats sont enrôlés dès l’âge de 7 ans dans des groupes armées en RDC. La plupart sont drogués, beaucoup sont illettrés, atteints de maladies, certains obligés de se livrer à des pratiques cannibales. Lorsqu’ils sont démobilisés, ils sont complètement traumatisés et potentiellement délinquants », confie-t-il. L’association a mis au point un projet pilote de réhabilitation de ces enfants, fondé sur l’acquisition d’une éducation de base et la formation à un métier. On estime à plus de 300 000, le nombre d’enfants soldats dans le monde.
En Haïti, pays marqué par des années de dictature, par la misère et la violence, en partie dévasté par le cyclone Jeanne en 2004, l’ONG Aide et Action soutient, elle, les écoles communautaires. Celles-ci sont « le fruit de la mobilisation des villageois qui se débrouillent avec les moyens du bord pour construire les bâtiments et recruter les professeurs. Mais, faute d’engagement de l’Etat, les villageois sont livrés à eux-mêmes et manquent de ressources financières, alors nous leur apportons un appui matériel et nous jouons un rôle de coordination », détaille Gilles Oddos, réalisateur de deux films en Haïti pour l’association née en 1981 et présente aujourd’hui dans une vingtaine de pays.
Autre nation meurtrie : l’Afghanistan. A Kaboul, environ 50 000 enfants travaillent dans les rues à laver des voitures, cirer des chaussures, ramasser des papiers…Autant qui souffrent de faim, de maladies, de maltraitance, de violence ou d’esclavagisme. Dans ce pays frappé par 25 années de guerre, « le manque d’infrastructures et de personnel enseignant est criant », affirme Edouard Gaultier, directeur de l’association Afghanistan Demain, qui intervient depuis février 2002 en faveur de l’éducation des enfants des rues. Trois centres de l’association accueillent dans la capitale les Afghans âgés entre 8 et 18 ans pour les remettre à niveau et leur permettre d’intégrer ensuite l’école publique. « En général, on arrive à convaincre les familles de l’intérêt, pour leur enfant, d’apprendre à lire et à écrire. Mais on se heurte à deux difficultés principales : la précarité, source d’instabilité, qui les amène à quitter Kaboul, et l’abandon des filles, retirées de l’école pour des raisons culturelles », précise Edouard Gaultier.
Qualité et suivi de l'enseignement : des points cruciaux
S’assurer que les écoliers bouclent un cycle complet d’enseignement primaire et supprimer les disparités entre les sexes : telles sont précisément les missions de l’Unicef en matière d’éducation. « L’enjeu n’est pas tant l’inscription des enfants que la poursuite de la scolarité des garçons comme des filles, explique Carole Reminy, responsable du service plaidoyer éducation jeunesse à l’Unicef France. Dans quelques pays, comme à Madagascar, le taux d’inscription dépasse 90% mais ils ne sont que 30% à 40%, environ, à achever leurs études primaires ». Voilà pourquoi l’exigence d’une éducation pour tous s’accompagne aussi de celle d’un apprentissage de qualité et suivi. « Certains pays, en Amérique Latine par exemple, sont sur le point de remplir l’objectif de scolarisation de tous les enfants. La hine, elle, a considérablement réduit le nombre de ses analphabètes. Et les progrès les plus rapides ont été enregistrés dans les pays les moins en avance (Afrique de l’Ouest, Inde), note le directeur du rapport mondial de suivi de « l’Education pour tous », Nicholas Burnett. Toutefois, nuance-t-il, la qualité des cours reste problématique. » Des classes qui comptent jusqu’à 80 écoliers, des instituteurs passés maître dans l’art d’un rabâchage sans réelle valeur éducative… « Il ne s’agit pas seulement de faire venir les enfants à l’école », ajoute Carole Reminy, de l’Unicef, l’ONG œuvrant autant pour fournir des repas à l’école et du matériel scolaire, que pour former des enseignants. L’enjeu est capital, comme le souligne Aide et Action : rien de moins que « le développement humain ».
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« Lutter pour changer les mentalités »
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Lucile Peignot est chargée de programmes auprès de Groupe développement, membre du réseau ECPAT International.
Vous coordonnez plusieurs programmes dans le monde en vue de prévenir l'exploitation sexuelle des enfants. Quels sont les pays les plus touchés ?
Il n’y a pas de zone en particulier. Nous intervenons sur tous les continents : l’Amérique du sud, l’Afrique, l’Asie. Quand les pays deviennent plus regardants comme la Thaïlande par exemple, les abuseurs se déplacent vers des pays limitrophes comme le Cambodge ou le Laos. Le phénomène est extrêmement volatile, d’où la difficulté de le combattre.
Qui sont les touristes sexuels ?
Il n’y a pas de touristes sexuels types. Certains sont de vrais pédophiles, très déterminés. Ils font le voyage dans cet objectif. Pour eux, la prévention ne peut-être effective. Seule la répression peut les toucher. D’autres sont considérés comme des touristes sexuels occasionnels, ils se retrouvent seuls, dans un pays lointain au sein d’un environnement dans lequel leurs repères moraux sont modifiés et où un climat d’impunité domine. Ce sont eux qu’il faut sensibiliser en priorité en les prévenant des conséquences de leurs actes tant pour eux que pour les enfants qu’ils ont parfois le sentiment d’aider.
Quelles sont vos actions à l'échelon local pour prévenir ce phénomène ?
L’enjeu principal de notre action est de lutter pour changer les mentalités. Dans certains endroits de la planète comme l’enfant n’est rien, il n’a aucun droit. Au Pakistan par exemple, la prostitution des plus jeunes est couramment admise. Par l’intermédiaire de formations, nous tentons de sensibiliser des administrations comme la police, la justice en leur expliquant les dégâts de tels pratiques pour ces enfants mais aussi pour leur pays en général. Nous organisons également des réunions avec les familles pour les informer des conditions de vie de ceux qui sont partis à la ville.
Les enfants sont-ils une cible privilégiée ?
Bien sûr ! Nous avons plusieurs programmes à destination des enfants des rues en Afrique. En Thaïlande, nous apprenons aux jeunes prostitués à respecter leur propre corps en leur faisant prendre conscience qu’elles ne sont pas des objets mais des individus à part entière. Nous leur donnons aussi des cours d’anglais pour qu’elles puissent se défendre face aux touristes qui les abordent. En matière de lutte contre le tourisme sexuel l’éducation reste une arme absolue.
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Halte au tourisme sexuel !
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Les beaux jours arrivent et avec eux les vacances. Pourtant, pour des millions d’enfants dans le monde, cette période est synonyme d’une recrudescence de leur exploitation sexuelle. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d’endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd’hui sur le terrain de la prévention. À découvrir.
Prévenir le tourisme sexuel
Partout dans le monde le tourisme sexuel ne cesse de prendre de l'ampleur. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d'endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd'hui sur le terrain de la prévention.
Du Cambodge au Sénégal, le phénomène n’épargne personne. Dans tous les pays pauvres où le soleil brille, des adolescents ou des enfants sont prostitués ou abusés sexuellement par des voyageurs en mal de sensations fortes. Cet énorme marché, difficilement quantifiable en raison de sa clandestinité, toucherait, selon l’UNICEF, plusieurs millions de personnes dans le monde. Il n’a cessé de se développer avec l’essor des voyages à bas prix ces vingt dernières années.
Une répression difficilement applicable
De nombreux pays se sont engagés à prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène. La Thaïlande par exemple, a adopté des lois très répressives mais souvent inapplicables en raison du manque de formation de la police et de la corruption qui gangrène le pays. De la même manière, plusieurs états européens comme la France depuis 1994 sont aujourd’hui dotés des lois extra territoriales permettant qu’un abuseur français agissant à l’étranger puisse être poursuivi et condamné dans son propre pays. Pourtant, cette procédure reste lourde et très exceptionnelle. Alors comment agir pour lutter efficacement contre ce véritable fléau qui détruit chaque jour la vie de dizaines de milliers d’individus ?
Agir dans les pays pourvoyeurs de touristes
Selon la plupart des organisations spécialisées, les initiatives les plus efficaces à long terme se situent sur le terrain de la prévention. Pour Jacqueline Bruas, présidente de l’Association Contre la Prostitution des Enfants (ACPE), « il faut d’abord agir dans les pays pourvoyeurs de touristes pour que les mentalités changent. »
Dans ce cadre, les personnes que l’on peut sensibiliser sont nombreuses. Son organisation vient d’éditer une brochure qui est régulièrement distribuée auprès des étudiants en BTS tourisme et accompagnée de conférences intégrées au cursus de formation : « Ils sont les futurs responsables du tourisme mondial. A ce titre, il faut les informer le plus tôt possible pour prendre les bonnes décisions s’ils sont un jour confrontés à des cas d’abus sexuels. »
L’End Child Prostitution And Trafficking in children for sexual purposes (ECPAT) tente de cibler toutes les personnes qui sont amenées un jour à voyager. « Nous collaborons avec de nombreux voyagistes pour mettre en place les outils d’informations à destination des touristes », explique Carole Bartoli, chargé du développement auprès de l’ECPAT France. Ses actions passent par des campagnes d’affichage dans les aéroports, des vidéos diffusées pendant les vols qui rappellent les risques encourus pour l’auteur des abus, des encarts dans les principaux guides de voyages, des bannières sur des sites de voyages, des tracts distribués dans les centre de vaccination. Le touriste doit être informé à toutes les étapes de son voyage. « Ces initiatives poursuivent un double objectif. Elles visent à décourager celui qui serait tenté de commettre l’abus mais aussi de responsabiliser le témoin de tels faits afin qu’il prévienne les autorités. »
Sensibiliser les populations locales
Mais la prévention du tourisme sexuel ne concerne pas uniquement les clients potentiels. Il faut également agir auprès des populations qui de près ou de loin sont victimes de ce trafic. Ainsi l’ECPAT a mis en place une vraie politique d’information à destination des familles les plus pauvres qui envoient souvent un de leurs enfants à la ville sous l’influence des recruteurs. « Nous passons dans les villages et nous proposons des animations ludiques, des pièces de théâtre pour aborder ce sujet encore tabou dans de très nombreuses communautés rurales », rappelle Carole Bartoli.
Pour Sandra Ayad, membre de la Fondation Scelles, une organisation qui lutte contre la prostitution dans le monde, la lutte contre ce phénomène doit se concentrer sur la sensibilisation des plus jeunes : « Dans beaucoup de pays, les enfants sont très tôt livrés à eux-mêmes. Ils considèrent le fait de monnayer leur corps comme quelque chose de normal car ils n’ont pas d’autres alternatives pour survivre. La scolarisation et l’éducation leur permettent d’envisager un autre avenir. Elles leur donnent les moyens d’être autonomes et leur offrent la possibilité de dire non ».
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L'environnement et les jeunes: L'environnement est l'affaire de tous et des jeunes en particulier. Ces citoyens en herbe se doivent de prendre en charge la préservation et à la protection de leur héritage : la terre. Focus sur des actions exemplaires.
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Quelles solutions pour sauver la planète ?
Le développement durable se présente de plus en plus comme une réponse à la problématique environnementale. Mais pour aboutir, ce concept exige l'implication du plus grand nombre de citoyens. Notamment celle des plus jeunes qui, demain, présideront, aux destinées d'un monde de plus en plus fragile. Ce sont ces « énergies futures » qu'ont tenté et tentent encore de sensibiliser et mobiliser les institutions et les associations en charge de ce dossier complexe. De nombreuses initiatives qui relèvent essentiellement du domaine de la pédagogie et de la communication. Exemples ?
Quelles solutions pour sauver la planète ?
Mars 2004, une directive ministérielle oblige tous les établissements scolaires à « mettre en place une Education à l'Environnement et au Développement Durable (EEDD) ». C'est le début d'une série d'actions qui invitent les plus jeunes à toucher du doigt un thème devenu depuis longtemps récurrent. Ainsi, écoliers, collégiens et lycéens sont appelés à proposer des solutions sur les sujets liés à la sauvegarde d'une planète en péril. Et cette phase n'est pas vaine puisque trois ans après, en automne 2007, ces jeunes seront à l'instar de leurs aînés, partie prenante du « Grenelle de l'Environnement ». En effet, c'est de cet événement que découle la formule « l'Ecole agit » lancée le 27 septembre de la même année par le Ministère de tutelle.
Sous forme d'un appel à projets, l'idée des responsables du secteur de l'Education visait à susciter des « vocations vertes » dans divers établissements du pays. Les classes ou les groupes de classes volontaires ont eu alors à traiter, selon leurs choix, un ou plusieurs des six thèmes contenus dans le « Grenelle de l'Environnement ». Avec des contributions écrites, les participants devaient soumettre le fruit de leurs réflexions au comité dit de pilotage académique pour l'éducation au développement durable. Aujourd'hui, cette campagne touche à sa fin. Le 19 juin, un jury composé de personnalités reconnues aura à sélectionner une quinzaine des plus pertinentes productions.
L'office français de la Fondation pour l'Education à l'Environnement en Europe (of-FEEE) a une inspiration presque similaire. A la différence qu'en plus des élèves, l'of-FEEE sollicite également les jeunes qui « se trouvent en dehors de la sphère scolaire comme les clubs, les quartiers ou encore les centres de détention ». Par le biais de son programme intitulé « Jeunes Reporters pour l'Environnement » (JRE), il incite les filles et les garçons de 11 à 20 ans à réaliser des enquêtes journalistiques portant sur la problématique de l'environnement. Un large succès pour ce programme qui est aujourd'hui à sa 14eme édition. Lancé en 1994 avec seulement le concours de cinq pays participants, il est aujourd'hui développé dans 17 pays. Selon ses initiateurs, « Rien qu'en 2005, près de 12 000 Jeunes Reporters se sont investis dans plus de 500 projets de reportage ». Depuis, chaque année des centaines d'articles sont produits et partagés par la communauté internationale sur de nombreux sujets tels la désertification, la pollution de l'eau, les risques naturels majeurs, le recyclage, le transport, la protection de la nature, les OGM, les pesticides...
Le succès est encore plus retentissant lorsque plusieurs acteurs conjuguent leurs efforts dans une même campagne de sensibilisation. Le meilleur exemple est sans doute celui qui a réuni en mai 2005, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) et la Fondation-Nicolas-Hulot dans un programme commun appelé Défi pour la Terre.
A cette date, les « deux institutions protectrice de l'environnement » lancent deux concours auprès des écoles : le concours Chantons le Défi pour la Terre destiné aux écoles primaires et les 24h00 du Défi pour la Terre auprès des étudiants. Deux années après, entre le 18 octobre 2007 et le 18 février 2007, 110 équipes se sont inscrites au concours. 80 actions de terrain réparties sur 21 régions, ont été organisées durant le mois de mars pour sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques environnementales et relayer les messages du Défi pour la Terre. Plus de 20 000 engagements dans le Défi pour la Terre ont été récoltés.
Une prouesse. Aucun doute que l'information et la sensibilisation du public soient des « conditions essentielles à la réussite des politiques en matière d'environnement ». Aussi préconise-t-on des campagnes de communication de grande ampleur. Seules à même de faire évoluer les mentalités, les comportements et les actes. Changer l'homme en somme. Notamment celui du futur.
Surf Insertion : l'environnement au service du social
Depuis 10 ans, Surf Insertion éduque les jeunes à travers les sports nautiques et l'environnement. Une manière originale de leur permettre d'acquérir des notions essentielles pour une meilleure connaissance de leur patrimoine et de devenir de vrais citoyens actifs. Rencontre avec Hassan Elhoulali, fondateur de l'association.
Surf Insertion : l'environnement au service du social
Comment alliez-vous les notions de sport nautique et d'environnement ?
Les gamins en ont marre de ce qu'on appelle la « pédagogie couscous » : aujourd'hui, ils ne s'y retrouvent plus dans les sports collectifs et sont intéressés par les sports nature où il y a un rapport au risque qui est exprimé. Le surf allie technique et performance avec la nature. La plage, c'est un lieu où on ne peut pas tricher, où les éléments imposent leur loi et le respect. A partir de là, un dialogue se forme entre la nature et les jeunes qui, petit à petit, ouvrent les yeux et se rendent compte que c'est aussi un lieu fragile où il y a des problèmes de pollution. Ils vont alors devenir les acteurs de ce respect et de cette préservation de l'environnement et ne vont plus s'arrêter à de simples discours.
Quelles sont vos autres actions en faveur de l'environnement ?
Les visites d'usines de recyclage et de traitements de déchets, les découvertes de réserves naturelles, des chantiers d'insertion sont d'autres démarches éco citoyennes qui permettent aux jeunes de s'approprier un patrimoine qui est le leur. Par exemple, pendant tout l'hiver, nous avons arraché de la spartine, une algue qui étouffe tout le bassin d'Arcachon. A chaque fois, nous nous retrouvions avec 15 jeunes en compagnie de retraités qui ont déjà travaillé pour des associations en relation avec la nature. Ce qui est beau, c'est de voir des personnes de 60 ans qui sont heureuses parce qu'elles côtoient des gamins agréables et volontaires alors qu'ils viennent de quartiers difficiles et ont souvent mauvaise réputation. Il y a donc une transmission du savoir qui s'opère. Pour nous, il y a un intérêt primordial de lier l'environnement au travail social : on ne peut pas dissocier ces deux problématiques.
L'été arrive et les plages vont rapidement être prises d'assaut. Comptez-vous lancer une opération ?
50 à 60% des déchets qui sont sur les plages proviennent des pêcheurs, mais surtout des touristes. Pour la 5e année consécutive, nous organisons donc le niveau des plages. Juste avant d'aller surfer, les jeunes se promènent sur le sable et donnent à tous les touristes des petits cendriers. L'idée, c'est que ces jeunes deviennent actifs et que le message viennent d'eux afin qu'ils se responsabilisent et développent leur sens citoyen.
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Lutter contre la pauvreté grâce aux télécentres au Mali et en Colombie
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J’arrive dans le centre communautaire du village de Kati, à quelques kilomètres de Bamako, la capitale du Mali. La poussière et la chaleur du voyage étaient éprouvantes, mais je ressens déjà une sensation de fraîcheur et de tranquillité alors que je monte les larges marches de l’escalier du télécentre, illuminé par une douce lumière naturelle. Je suis reçue par Alima Traore, la responsable du télécentre, un jeune femme qui me guide à travers les installations, m’explique ce qu’on y fait et me présente aux personnes venues utiliser les services.
Il est 10 heures, et les ordinateurs sont tous occupés par les reporters et les producteurs de Radio Belekan, la radio communautaire qui fonctionne dans le même bâtiment et qui se nourrit de l’info arrivée par courrier électronique ou trouvée par recherche sur l’internet. Les dernières nouvelles du pays et du monde, ainsi que la situation des marchés des fruits, des légumes, des ovins et des caprins, les principaux produits de la région, constituent les principales informations pour un village dont les possibilités de communication ont connu une révolution ces dernières années avec l’arrivée des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Télécentres, portables et radios communautaires
Les téléphones portables et les services des télécentres qui se sont installés progressivement dans divers endroits du pays grâce à des accords entre organisations locales, entreprises et agences de coopération, ainsi que le rapprochement avec les radios locales, offrent des possibilités autrefois impensables à une population qui avait toujours été isolée de tout échange d’information et de communication.
Alima me raconte qu’une jeune fille du village venait de trouver un poste de secrétaire dans une organisation locale grâce aux cours d’informatique qu’elle avait suivis au télécentre. Elle me présente également une adolescente de 13 ans qui préside le club des utilisateurs et utilisatrices adolescents du télécentre. Ces clubs constituent un soutien important au travail réalisé dans le centre et permettent également d’attirer d’autres adolescents et adolescentes qui souhaiteraient apprendre à utiliser les TIC. Dans un pays où le mariage arrangé est chose courante pour de nombreuses adolescentes dès 13 ou 14 ans, je songe aux possibilités que peut leur apporter un accès à des connaissances et des outils qui pourront leur être très utiles dans leur vie.
Une nouvelle façon de faire des recherches en Colombie
Sur un autre continent, à des milliers de kilomètres de là, l’histoire se répète : le rôle positif des télécentres et de l’utilisation des TIC chez des populations éloignées des circuits touristiques ou de production. Selon Derlly Pantoja, instigatrice et éducatrice des programmes de TIC pour le développement et de l’initiative GEM pour les télécentres, dans la région de Cali en Colombie, « la plupart des zones où un travail sur le terrain a été effectué souffrent de nombreuses difficultés économiques, si bien que lorsqu’un projet de TIC arrive dans une communauté pour laquelle la question de l’emploi est primordiale, les gens se demandent si cela sert vraiment à quelque chose. En y réfléchissant bien, ils se rendent compte que si, ce projet est utile pour eux. Parce que pour sortir de la pauvreté, il faut se surpasser, et pour cela il est important d’acquérir de nouvelles connaissances qui servent à générer un revenu », affirme-t-elle.
« Au télécentre, avec l’utilisation des TIC, tous les gens qui le souhaitent peuvent suivre une formation adéquate à leurs activités, leurs besoins et leurs goûts. Il ne faut pas oublier ceci : nous enseignons comment pêcher, nous ne donnons pas le poisson. En apprenant à travers les TIC, par exemple la comptabilité, le secrétariat, suivre des cursus universitaires à distance ou chercher comment obtenir des bourses, on cherche à élargir les horizons et si la qualité de vie de la population s’améliore, c’est toute la région qui en profite », ajoute Derlly.
Mères et fils
Voilà 9 ans que Derlly s’intéresse aux TIC. Après avoir suivi des cours d’informatique et de navigation sur internet grâce aux services d’un télécentre communautaire, elle a commencé la carrière de travail social, réalisant ainsi l’un de ses plus chers projets. Son fils cadet a également profité de l’opportunité d’accéder aux TIC dans le télécentre local pour explorer les programmes de logiciels utilisés et faire des recherches sur l’internet. Il a ainsi acquis un bon niveau de spécialisation en programmation et utilisation de moteurs de recherche, ce qui lui ouvre d’intéressantes perspectives de travail.
Mais pour Derlly, si les TIC aident les gens, elles permettent également d’aider les communautés. « Les télécentres, d’après ce que je vois et analyse quand je suis sur le terrain, ont été les premiers à venir en aide aux étudiants (enfants et adultes) pour leurs études. Au télécentre La Habana à Buga, l’administrateur porte un grand intérêt à la communauté et à ses besoins, et informe les gens sur les projets possibles, qu’il réalise avec l’aide de gens influents et d’une fondation. J’admire beaucoup l’énergie et la volonté de se surpasser qu’ont les femmes de cette région. Ce sont elles qui sont venues en majorité quand nous avons commencé le projet d’adaptation de GEM aujourd’hui utilisé ».
Améliorer la commercialisation
Une autre instigatrice et éducatrice colombienne, Aura Elena Plaza, insiste sur le fait que l’utilisation des TIC offre de nouvelles possibilités de commercialisation des produits, et aide la communauté à s’organiser pour mieux utiliser les ressources technologiques. « Les formations d’apprentissage des TIC changent les façons de penser de la communauté et permettent d’organiser les sources de revenu qu’elle a entre les mains. En matière commerciale, les gens prennent conscience des normes de qualité à suivre s’ils veulent vendre à un meilleur prix. Ils comprennent aussi pourquoi il convient de se regrouper en cas de mauvaise récolte, puisque c’est en travaillant ensemble qu’ils rassembleront une production assez importante pour être mise en vente, et qu’ils pourront s’organiser pour rechercher sur l’internet les marchés où leurs produits seront le mieux vendus », indique cette éducatrice. « En matière d’éducation, ils commencent à penser combien celle-ci peut leur permettre de progresser, et ils cherchent par exemple des organisations qui puissent les former en productivité. Au village où je travaille, les formations de couture et de journalisme ou de communication sociale ont donné de bons résultats ».
L’expérience d’Aura en programmes de formation en TIC dans les télécentres communautaires comme celui de Villa Paz, une localité à la population Afro de la région de Cali, lui permettent de faire remarquer un autre aspect fondamental de développement pour ces communautés, celui de pouvoir faire connaitre leur région, leur population, leurs produits ou encore leur culture. Elles ont ainsi une possibilité de modifier les stigmates laissés par la violence.
Il est également positif pour les organisations de pouvoir montrer leur communauté à travers une page web, des vidéos, des entretiens ou des produits régionaux lorsqu’elles sont invitées à des événements. À Villa Paz, un groupe de jeunes utilise le téléphone portable pour réaliser des court-métrages, ce qui les aide à s’affirmer et à outrepasser les préjudices d’une société très stigmatisée.
« À mon avis, et d’après ma longue expérience avec les communautés en matière de TIC, ceux-ci favorisent le développement et le progrès de toutes les façons possibles », affirme Aura. « Un télécentre bien organisé peut permettre à une communauté d‘être à l’avant-garde dans l’utilisation des TIC ». Les bénéfices économiques et la possibilité d’inverser la situation de pauvreté semblent bien plus accessibles si des politiques de TIC sont appliquées permettant une connectivité à portée de tous et un apprentissage d’utilisation stratégique et communautaire de ces technologies.
Article recommandé: Communication rurale: faut-il encore des télécentres maintenant qu’il existe des téléphones mobiles?
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Les femmes et le numérique
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par Emmanuelle Delsol
Une dernière question par rapport à votre nomination à ce secrétariat d'Etat, qui avait fait un petit peu, pas de polémique, mais qui avait fait parler. On vous a même dite placardisée. Ce qui est un peu étonnant, parler de placard pour le numérique aujourd'hui en 2009, c'est un peu étonnant. Mais, moi, je voulais vous parler du fait que vous êtes une femme nommée au numérique. Aujourd'hui, il y a de moins en moins de jeunes filles dans les formations à l'informatique, au numérique, en général. De moins en moins de femmes dans ces métiers là. On dit qu'une des raisons c'est qu'elles manquent de modèles. Est-ce que vous pourriez être un modèle pour elles et est-ce que ça fait partie de votre mission aussi, est-ce que vous voyez ça comme un des éléments de votre mission, c'est de pousser en général les jeunes vers ces métiers-là, mais les filles en particulier ?
D'abord, il y a toujours des gens mal intentionnés, en l'occurrence on les connaît, et des petits camarades de jeu pour essayer de tordre le sens des choses. Moi, j'ai été très heureuse de pouvoir poursuivre au Numérique. J'adorais l'écologie. Je reste convaincue que c'est le grand enjeu du 21e siècle. Peut être qu'un jour j'y reviendrai, mais je pense qu'il faut savoir évoluer et en l'occurrence, pour moi, c'était pas un abandon. Je continue à suivre de très près. Mais c'était l'occasion aussi d'ouvrir un peu mon champ. Je trouve que ça fait partie de la mission du politique de partager son enthousiasme pour son sujet et du coup, de partager l'optimisme, en fait. Et en ces périodes de crise, on en a besoin. Moi, je crois que le numérique, c'est une belle fenêtre ouverte sur l'avenir. C'est pour ça aussi que je veux qu'on rééquilibre le discours public sur ces questions. Ce qui ne veut pas dire balayer sous le tapis les risques, ça veut dire pouvoir les regarder sereinement pour tirer après le meilleur parti du reste.
Et c'est forcément une fenêtre d'optimisme auquel je voudrais que les femmes participent au maximum. Moi, j'ai fait des études très scientifiques. A l'époque, il y avait déjà assez peu de filles. Ça a tendance à ne pas s'améliorer
Ça régresse a priori, en tous cas, dans l'informatique en tous cas, ça régresse.
Je crois que c'est vraiment dommage. Je ne partage pas du tout toutes les théories qui sont développées ici ou là qui attribueraient ça à des phénomènes de genre. Je pense qu'il y a vraiment quelque chose de très très culturel. Alors, qui peut être lié, peut-être, à cet espèce d'a priori vis à vis de la technologie, cette espèce de réponse, de réaction parfois un peu sexuée vis à vis de la technologie qui fait que les femmes sont un peu moins gadgets, un peu moins technophiles. Mais justement, il me semble qu'à travers un discours sur les usages, un discours sur les contenus, à travers un discours sur les services, on doit pouvoir rééquilibrer ça.
C'est à dire que l'objet n'est pas une fin en soi. C'est vrai que quand l'objet est une fin en soi, quand on est technophile et techno-orienté d'un bout à l'autre, on tombe plus facilement dans des mondes d'hommes. Complètement dans des mondes d'hommes. Mais quand on veut bien considérer que l'objet n'est pas une fin en soi et se poser la question du service, de la facilité pour la vie de tous les jours. Quand on est sur un sujet comme le télétravail, en fait, les demandes sont beaucoup du côté des femmes. Et donc, il n'y a pas de raison que les femmes soient moins investies dans le secteur. Il me semble que le rééquilibrage du discours, depuis quelque chose qui est très techno-orienté, vers un discours, et c'est moi qui dit, qui ai fait beaucoup de technologie, vers un discours qui est plus contenu et usage, permet de partager plus largement l'optimisme qui est inhérent à ce secteur et peut-être de faire venir des nouveaux publics. Notamment des femmes.
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Les projets TIC prioritaires pour l'environnement -
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par Emmanuelle Delsol
Pour passer de l'autre côté, donc l'utilisation des technologies de l'information pour faire avancer, pour accompagner le développement durable. Vous avez évoqué certains exemples. Mais est-ce qu'il y a des priorités selon vous ? Au delà peut-être du réseau intelligent de gestion de l'électricité. Il y a des environnements aujourd'hui qui sont capables d'optimiser la fonction logistique dans les entreprises. Est-ce qu'il y a des priorités en terme d'usage des technologies de l'information pour accompagner le développement durable ?
Pour moi, il y a des priorités qui vont s'installer de fait, qui sont les secteurs très consommateurs d'énergie et qui vont chercher partout les réductions, et qui vont donc notamment les chercher là. Et si on regarde ça sous un angle un petit peu plus technologique, il y a une priorité qui porte sur les énergies renouvelables. Et l'articulation entre les énergies renouvelables et le réseau. Tout ce qui va rendre le réseau intelligent pour pouvoir accueillir et optimiser la valorisation des énergies renouvelables. Parce que les énergies renouvelables sont par nature décentralisées. Mais dans le système qu'on développe avec le tarif de rachat d'EDF, on a des productions décentralisées qui sont raccrochées au réseau.
C'est-à-dire que quand vous mettez des panneaux photovoltaïques sur votre maison vous revendez à EDF l'électricité. Donc, vous êtes raccordé au réseau. Et vous êtes raccordé au réseau dans un système dans lequel on ne stocke pas. Il n'y a pas de stockage de compensation entre les deux. Ou alors il faut développer ce qu'on appelle des Step [Station de Transfert d'Énergie par Pompage] c'est à dire des stockages avec de l'eau en altitude. Le réseau intelligent, la compensation à l'intérieur du réseau, des effets de ces énergies qui sont décentralisées et intermittentes, pour la plupart d'entre elles, et non prédictibles, ou pas prédictibles très longtemps à l'avance, est, je pense, un enjeu considérable, et un lieu de développements technologiques qui après pourront être réutilisés pour toute sorte d'autres applications.
On est tiré là dessus par un objectif européen. On doit faire plus de 20% d'énergies renouvelables à horizon 2020. On a notre objectif européen, on a besoin de ces technologies pour pouvoir véritablement mettre en oeuvre de façon optimale, donc pour moi, ça va être le champ de développement idéal de ces technologies à partir duquel, en fait, on pourra diffuser dans l'économie.
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LA FRACTURE NUMÉRIQUE EST UN OBSTACLE À L’USAGE DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS POUR LE DÉVELOPPEMENT
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Les délégations de la Deuxième Commission qui tenaient un débat sur les technologies de l'information et des communications (TIC) au service du développement, ont rappelé, ce matin, l’urgence de combler le fossé numérique qui existe entre les nations industrialisées et les pays en développement. Fortes de la conviction que les TIC peuvent être mises au service de la réalisation de tous les objectifs de développement agréés au niveau international, les délégations ont demandé que les engagements auxquels les États Membres ont souscrit et notamment, ceux pris à l’issue des deux rencontres du Sommet mondial sur la société de l'information, soient honorés.
Le potentiel énorme des sciences et des technologies pour la promotion du développement socioéconomique et la réduction de la pauvreté reste largement sous-exploité, a déclaré la représentante d’Antigua-et-Barbuda, qui prenait la parole au nom du Groupe des 77 et de la Chine. La majorité des délégations ont en effet estimé que les TIC peuvent aider à promouvoir la mise en œuvre d’une très large gamme de programmes de développement. L’usage de ces technologies peut en effet faciliter la lutte contre les changements climatiques, la réponse à apporter aux épidémies, les opérations de reconstruction et de relèvement après une catastrophe naturelle, la création d’emplois et le renforcement d’un processus démocratique participatif, ont souligné divers intervenants. L’importance des TIC dans la promotion du développement est bien connue, a résumé le représentant du Brésil, en enjoignant la communauté internationale à s’atteler à honorer les engagements qu’elle a pris à cet égard en faveur des régions et des populations les plus défavorisées.
Parmi les objectifs que s’est assignée la communauté internationale figure primordialement celui de combler le fossé numérique Nord-Sud. Le taux de pénétration de l’Internet atteint aujourd'hui 85% de la population dans certains pays, mais n’est que de 5% dans d’autres, a fait remarquer, à titre indicatif, le représentant de la Chine. Pour certains, dont le représentant de la Tunisie, cette fracture est le produit d’un contexte économique mondial marqué par un profond déséquilibre entre les pays industrialisés du Nord et ceux en développement du Sud. Pour d’autres, la persistance de la fracture numérique illustre le manque de volonté de la communauté internationale dans le domaine de la réduction des écarts qui existent entre riches et pauvres. Le développement des TIC devient une source de marginalisation, au lieu d’être un vecteur d’intégration, a déploré le représentant tunisien.
La délégation du Kenya, qui prenait la parole au nom du Groupe des pays africains, a expliqué que les défis posés par le fossé numérique forcent les pays africains à choisir entre les différents objectifs qu’ils assignent à leur processus de développement, en raison de leurs ressources limitées. Il a souhaité que des ressources d’investissement appropriées et durables soient mobilisées en faveur de la mise en place d’infrastructures et de services liés aux TIC. Son homologue de la France, qui représentait l’Union européenne, a reconnu que les TIC sont devenues un « enjeu incontournable » dans les politiques de développement, et a reconnu qu’il importe de déployer de nouvelles formes de solidarité numérique pour la promotion du développement.
Dans ce contexte, de nombreuses délégations ont salué des initiatives comme celle qui a abouti à la création du Fonds mondial de solidarité numérique, qui propose notamment un mécanisme de financement particulier, appelé principe du « 1% de solidarité numérique », destiné à financer l’acquisition de biens et de services numériques afin de combler le fossé entre le Nord et le Sud. Pour ce qui est du niveau régional, le représentant du Maroc s’est félicité de l’Initiative « Connecter l’Afrique », lancée en octobre 2007, afin de mobiliser les ressources humaines, financières et techniques africaines pour mettre les TIC à la portée de toutes les communautés rurales du continent d’ici à 2015. Cinquante-cinq milliards de dollars des États-Unis de contribution ont été promis dans le cadre de cette Initiative, s’est réjoui le représentant du Kenya. Il a souligné que « Connecter l’Afrique » a mis en exergue l’importance pour l’Afrique de se doter d’un environnement favorable aux investissements en faveur des TIC et des ressources humaines qui les accompagnent.
Les rapports pertinents du Secrétaire général* sur la question à l’ordre du jour ont été présentés par M. Khalil Rahman, de la Division des technologies et de la logistique de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), et Mme Suzanne Bilello, Chargée de l’information et de la liaison à l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Outre celles déjà citées, les délégations des États suivants ont pris la parole ce matin: Indonésie (au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est), Inde, Sénégal, Bahreïn, et Bélarus. Les représentants de l’Union interparlementaire (UIP) et de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) se sont également exprimés.
En début de séance, la Deuxième Commission a terminé l’examen de son point à l’ordre du jour relatif à l’élimination de la pauvreté, en entendant des déclarations des représentants de l’Afghanistan et de l’Ordre militaire souverain de Malte.
Demain, à 10 heures, la Deuxième Commission tiendra une table ronde consacrée à la mondialisation et à la santé.
* A/63/72-E/2008/48 et A/63/180
ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ ET AUTRES QUESTIONS LIÉES AU DÉVELOPPEMENT
a) Mise en œuvre de la deuxième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (2008-2017)
b) Coopération pour le développement industriel
Suite du débat général
M. BERTRAND DE LOOZ KARAGEORGIADES, Observateur de l’Ordre militaire souverain de Malte, a relevé l’importance du mandat et du rôle assignés à la Deuxième Commission à ce moment crucial où l’angoisse des peuples du monde se manifeste partout et dans tous les domaines. C’est à la Deuxième Commission de montrer que les Nations Unies peuvent faire une différence, a-t-il souligné. Il a fait observer que l’éthique doit faire partie de tous les aspects de la vie politique, économique et sociale. L’interdépendance de notre monde, de nos peuples, de nos nations, doit, pour être juste, donner naissance à de nouvelles expressions de solidarité, a poursuivi M. De Looz Karageorgiades. Il a déploré que la fascination pour les richesses ait relégué le combat à mener contre la pauvreté au second plan. Et, citant le Président de l’Assemblée générale, il a fait remarquer que ce sont toujours les pauvres qui payent le prix de la cupidité et de l’irresponsabilité des puissants. M. De Looz Karageorgiades a ensuite rappelé que la lutte contre pauvreté, phénomène qui est une conséquence de la négation du développement, est la raison d’être de l’Ordre militaire souverain de Malte, la Constitution de ce dernier stipulant que sa mission consiste à servir les pauvres et les malades et à assister les plus démunis et les réfugiés, quelles que soient leur race, origine ou religion. Il a précisé que l’Ordre de Malte a des relations diplomatiques avec plus de 100 pays et compte 46 associations nationales qui travaillent dans les quartiers les plus défavorisés des grandes villes du monde. Ses programmes d’assistance médicale hospitalière et humanitaire sont mis en œuvre dans 120 pays du monde, a-t-il ajouté. Il a conclu son intervention en rappelant qu’à l’aube du lancement de la deuxième Décennie pour l’élimination de la pauvreté, l’éradication de ce fléau est perçue dans le monde entier comme un impératif éthique.
M. WALI NAEEMI (Afghanistan) s’est dit convaincu qu’avec la volonté politique nécessaire et le lancement d’actions rigoureuses par la communauté internationale, la pauvreté pouvait être éradiquée aux niveaux mondial, régional et national. Il a estimé que la deuxième Décennie pour l’élimination de la pauvreté devait promouvoir un développement équitable au sein du cadre de la mondialisation et devait accorder une attention particulière aux pays les moins avancés et aux pays en développement sans littoral. M. Naeemi a estimé que le développement de l’agriculture était essentiel pour répondre à la crise alimentaire et pour réduire la pauvreté au niveau mondial. Le représentant a demandé que des mesures soient prises à tous les niveaux dans ce domaine. Il a rappelé que les pays en situations particulières, comme l’Afghanistan, faisaient face à de nombreux défis, dont l’insécurité, la hausse des prix des produits alimentaires et des produits de base, et la montée incontrôlée des prix de l’énergie. Il a déclaré qu’il était nécessaire d’assister les pays qui sont à la limite de la pauvreté extrême et a espéré que la deuxième Décennie serait l’occasion de traiter des conditions critiques auxquelles ils font face. Enfin, il a souligné que l’élimination de la pauvreté était une responsabilité collective, et que la pauvreté posait une menace à la paix, à la sécurité et à la prospérité. Les ennemis de la paix, de la sécurité, du développement durable et des droits de l’homme utilisent la pauvreté comme un outil pour atteindre leurs sinistres objectifs, a-t-il conclu.
Échange interactif à la suite de la présentation des rapports concernant le point de l’ordre du jour relatif aux technologies de l’information et des communications au service du développement
Après la présentation des rapports, la représentante d’Antigua-et-Barbuda a noté la complexité du suivi du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont les deux phases se sont tenues à Genève et à Tunis.
En réponse à cette remarque, M. Khalil Rahman, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a indiqué que beaucoup de parties prenantes avaient pris part au SMSI, et que le processus était particulièrement complexe. Il a jugé qu’il était difficile d’identifier les responsabilités et de mesurer les progrès accomplis en matière de technologies de l’information et des communications (TIC) alors que les données ne sont pas aisément disponibles partout en ce qui concerne ce nouveau secteur. Nous aurons besoin d’un peu de temps pour parvenir à la pleine mise en œuvre des recommandations issues du SMSI, mais nous y parviendront, a-t-il assuré.
Débat général
Mme JANIL GREENAWAY (Antigua-et-Barbuda), prenant la parole au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a fait observer qu’il est communément admis que les sciences et les technologies offrent un potentiel énorme pour la promotion du développement socioéconomique et la réduction de la pauvreté. Toutefois, ce potentiel reste largement sous-exploité, a-t-elle déploré. Elle a fait observer que le fossé numérique existant entre les riches et les pauvres reste important, bien que des progrès significatifs aient été effectués en matière de dissémination de nouvelles technologies. Elle a regretté le manque de progrès dans la réalisation du huitième Objectif du Millénaire pour le développement, à savoir le partenariat pour le développement, en particulier s’agissant de l’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC). À l’ère de la mondialisation et de l’interdépendance, les TIC sont vitales pour la participation des pays en développement à l’économie mondiale, a-t-elle fait valoir. Elle a également souligné qu’établir une société de l’information orientée vers le développement est dans l’intérêt de tous.
Enfin, rappelant que les TIC ont joué un rôle prépondérant dans les progrès socioéconomiques réalisés aussi bien par les pays en développement que par les pays développés, la représentante d’Antigua-et-Barbuda a souhaité que davantage d’importance soit accordée au transfert des technologies. Elle a relevé le rôle que peut jouer le système des Nations Unies à cet égard. Mme Greenaway a, par ailleurs, souhaité que le système des Nations Unies et la communauté internationale s’attachent à assurer l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues des deux sommets, ainsi que des engagements qui ont été souscrits en matière de TIC. Elle a notamment plaidé pour un meilleur soutien au Fonds mondial de solidarité numérique. En outre, l’accent devrait être mis sur la réduction des coûts des TIC et sur le renforcement des capacités nécessaires à l’application de ces technologies, a-t-elle ajouté. Pour conclure, rappelant que les pays développés continuent d’insister pour que les TIC soient essentiellement contrôlées par le secteur privé, elle a dit que le Groupe des 77 et de la Chine doutait qu’une telle disposition contribue à la promotion du développement dans les pays en développement qui ont besoin des TIC.
M. PHILIPPE DELACROIX (France) a assuré que l’Union européenne, au nom de laquelle il s’exprimait, attache une grande importance à la mise en œuvre des documents et des recommandations du Sommet mondial sur la société de l'information, notamment en ce qui concerne le domaine du développement. Il a souligné que l’Union européenne œuvre au renforcement de la coopération en matière de gouvernance de l’Internet et, à cet égard, se félicite de la prochaine édition du Forum pour la gouvernance de l’Internet qui aura lieu à Hyderabad, en Inde, en décembre 2008. Attirant l’attention sur la valeur ajoutée des échanges qui se font au sein de cette plate-forme de dialogue, le représentant français a encouragé toutes les catégories d’acteurs, privés comme gouvernementaux, et originaires des pays en développement à y participer. Il a également évoqué la tenue d’une Conférence ministérielle sur l’Internet du futur, qui a réuni les Ministres européens en charge de l’Internet, à Nice, le 6 octobre dernier. L’ambition européenne pour la société de l’information y a été réaffirmée, ainsi que le rôle économique majeur d’Internet, qui est devenu une infrastructure stratégique, a précisé M. Delacroix. Il a également fait remarquer qu’avec le rôle de puissant catalyseur d’innovation des nouvelles technologies qu’il jouera, l’Internet du futur permettra d’aborder les grands enjeux mondiaux de société, tels que les risques environnementaux, le vieillissement de la population et la raréfaction des matières premières.
M. Delacroix a, d’autre part, indiqué qu’il était conscient du facteur d’inégalité que constitue la fracture numérique. Il a assuré que l’Union européenne attache une grande importance à la lutte contre ce fossé numérique, précisant qu’il s’agit désormais d’un « enjeu incontournable » dans les politiques de développement. Il s’est, à cet égard, réjoui que le Fonds mondial de solidarité numérique, créé en 2005, ait permis une plus grande implication des pays africains au Sommet mondial sur la société de l'information de Tunis, qui a eu lieu la même année. Rappelant que ce Fonds promeut un financement innovant du développement, selon le principe du 1% de solidarité numérique, il a fait part de la tenue, le 24 novembre prochain, d’une Conférence internationale sur la solidarité numérique, à Lyon, en France, portant sur le thème des nouvelles formes de solidarité pour la promotion du développement.
M. ZACHARY D. MUBURI-MUITA (Kenya), qui intervenait au nom du Groupe des États d’Afrique, a rappelé que le Groupe directeur pour la réalisation des OMD en Afrique avait identifié des mesures pratiques et des actions clefs à lancer concernant les TIC, qui peuvent contribuer à l’atteinte des Objectifs. Il a affirmé que le fossé numérique était aussi un fossé social, et que les OMD ne pouvaient être réalisés sans combler cet écart. Tout en reconnaissant que les TIC ne pouvaient remplacer une véritable stratégie de développement, il a toutefois indiqué que ces technologies pouvaient offrir de nombreuses possibilités et opportunités aux secteurs les plus désavantagés de la société. L’intégration des TIC au sein du cadre de coopération et de partenariat international peut accélérer le développement socioéconomique de manière importante, a-t-il dit. Il a estimé que pour les pays en développement, le fossé numérique était avant tout une question d’investissement au niveau social et dans le domaine des infrastructures. Le représentant a déclaré que la communauté internationale devait aux niveaux national, régional et international, mettre en œuvre les plans issus du SMSI pour établir une société de l’information qui soit réellement ouverte, équilibrée, et axée sur les personnes et la recherche du développement.
Par ailleurs, il a indiqué que les défis posés par le fossé numérique forçaient les pays africains à choisir entre les différents objectifs de leur processus de développement, en raison de leurs ressources limités. Il a en effet constaté que pour répondre à la question du fossé numérique, il fallait mobiliser des ressources appropriées et des investissements durables en faveur des infrastructures et des services liés aux TIC. Ces ressources doivent aussi aller au renforcement des capacités et au transfert des technologies. M. Muburi-Muita a mis en avant le rôle que peut jouer le Fonds de solidarité numérique pour mettre les TIC au service du développement, et il a appelé tous les partenaires de développement, le secteur privé et la société civile notamment, à y contribuer. Il s’est aussi félicité de la décision prise par la France de tenir en novembre prochain la première Conférence internationale pour le financement de la solidarité numérique. S’agissant de l’Initiative « Connecter l’Afrique », il a noté que cette rencontre avait permis de réunir des promesses de contribution de 55 milliards de dollars. Il a indiqué que ce sommet avait mis en exergue l’importance pour l’Afrique de se doter d’un environnement favorable aux investissements, pour les TIC et pour les ressources humaines qui y sont associées.
Mme DEWI SAVITRI WAHAB (Indonésie), qui prenait la parole au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a souligné que les technologies de l’information et des communications (TIC) sont essentielles pour tous les aspects du développement et doivent largement contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Tout en se réjouissant des progrès réalisés pour combler le fossé numérique, elle a signalé que cette fracture entre riches et pauvres demeure, aujourd’hui encore, importante. Elle a souhaité que des solutions tangibles soient élaborées pour y remédier et que les disparités entre pays en développement et pays développés, tant au niveau des capacités qu’au niveau de la qualité, disparaissent. La représentante indonésienne a également attiré l’attention de la Commission sur le rôle joué par les TIC dans l’amélioration des conditions de vie des pauvres. Des actions devraient être mises en œuvre pour mettre les TIC entre les mains des personnes vivant dans la pauvreté, a souligné Mme Wahab, pour que ces personnes puissent saisir les opportunités qui leur permettraient de sortir de leur condition.
La déléguée indonésienne a également fait observer que les TIC peuvent jouer un rôle crucial dans la lutte contre les effets des catastrophes naturelles, ainsi que pour affronter les épidémies, la crise alimentaire et les changements climatiques. Dans cette perspective, elle s’est réjouie de l’utilisation des TIC en matière de protection de l’environnement et de relèvement après catastrophe. Elle a rappelé que l’ANASE a créé à Singapour un Centre météorologique spécialisé qui fournit aux pays membres des images satellite des prévisions météorologiques. Dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, il est impératif d’identifier les bonnes pratiques pour une utilisation efficace des TIC, a-t-elle préconisé, plaidant, par là, pour une meilleure diffusion de l’information. Mme Wahab a conclu son intervention en assurant que l’ANASE est déterminée à mettre en œuvre le Programme d’action de Vientiane qui vise, notamment, un accès universel aux infrastructures et aux services que permettent de rendre les TIC. Elle a ajouté que le 29 août dernier, la huitième réunion des ministres des télécommunications de l’ANASE a abouti à l’adoption d’une Déclaration forgeant un partenariat pour réduire la fracture numérique.
M. HABIB MANSOUR (Tunisie) a indiqué que la Tunisie avait fait des TIC l’un des principaux piliers de sa stratégie de développement. Il a passé en revue les diverses réformes mises en place par la Tunisie dans le secteur des communications, indiquant notamment qu’un Conseil supérieur de l’économie numérique avait été créé; et que le code des télécommunications avait été amendé afin de consolider le secteur des technologies de l’information et de la communication. Le représentant a ensuite indiqué que 23% de la population tunisienne utilisaient l’Internet et que tous les établissements scolaires et les universités y étaient connectés. Il a ajouté qu’un programme national met à disposition de la population des ordinateurs personnels à moindre coût. Par ailleurs, 85% des Tunisiens se servent d’un téléphone mobile, tandis qu’un projet de téléphonie mobile rurale compte 41 000 abonnés, a précisé le représentant.
M. Mansour a ensuite évoqué le fait que le développement des TIC était en train d’en faire beaucoup plus une « source de marginalisation » qu’un vecteur d’intégration. Dans cette optique, le fossé numérique est le produit d’un contexte économique mondial déséquilibré. Le défi à relever n’est pas seulement technologique mais notamment socioéconomique, car les TIC ne pourraient se substituer à une véritable politique de développement, a-t-il signalé. Le représentant a ensuite estimé qu’il incombe à la communauté internationale de mettre en œuvre les résultats du Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est tenu à Genève et à Tunis, afin de réduire la fracture numérique.
M. CHEN MING (Chine) a constaté que de plus en plus de gens avaient compris que le développement pouvait être accéléré par le biais de la science et des technologies de l’information des communications. Il a souligné que le développement rapide de ces technologies avait fait progresser la diffusion du savoir, élargi les flux de communication, et renforcé les liens entre les personnes. Il a fait valoir que les Jeux olympiques de Beijing, cet été, avaient été les premiers « Jeux olympiques de haut débit ». Il a précisé que plus de 23 000 employés de « China Netcom » avaient permis de fournir les services de ces Jeux, dont 20 000 lignes téléphoniques, près de 20 satellites, ou encore, le fonctionnement de sites Internet clefs. En outre, il a indiqué que « China Mobile » avait lancé un système d’information sans fil, créant un journal olympique pour les téléphones mobiles qui a attiré plus de 12 millions de lecteurs par jour. De plus, cette compagnie a initié des programmes de télévision pour téléphone mobile, en coopération avec la chaîne nationale de télévision chinoise, ce qui a permis à de nombreuses personnes de voir des vidéos de moments olympiques sur leur téléphone, pour la première fois dans l’histoire des Jeux, a-t-il dit. Reconnaissant le potentiel des TIC en faveur de la croissance et du progrès social, le représentant a toutefois estimé que leur développement était inégal. Il a ajouté que si la pénétration de l’Internet atteignait 85% de la population dans certains pays, elle n’était que de 5% pour d’autres. Il a appelé les parties concernées à utiliser le cadre existant de promotion du développement par la science et les TIC et à redoubler d’efforts pour assister les pays en développement dans leurs efforts d’éducation, de formation et de renforcement des capacités. Il s’est dit convaincu que les TIC joueraient un rôle important dans l’aide à apporter à ceux qui en ont le plus besoin, ainsi que dans la promotion de la coopération Sud-Sud et Nord-Sud, et dans le soutien à la réalisation des OMD dans les délais prescrits.
M. TARIQ ANWAR (Inde) s’est réjoui des estimations qui prévoient que d’ici à la fin de cette année, la moitié de la population mondiale aura accès à un téléphone mobile. Il a relevé le potentiel que les technologies de l’information et des communications (TIC) offrent aux pays en développement, précisant que ces derniers n’ont pas besoin de passer par toutes les étapes que les pays développés ont eu à accomplir et peuvent directement avoir accès aux technologies les plus avancées. En dépit de ces avancées en matière de téléphonie mobile, le représentant indien a regretté que la qualité et le coût de l’accès à Internet contribuent à accroître le fossé numérique. Les TIC sont essentielles pour le développement, a-t-il souligné, citant notamment certains des bénéfices qu’elles procurent en matière de réduction des coûts, d’accès aux zones les plus reculées, et de renforcement de la participation démocratique à la marche de la société. M. Anwar a, dès lors, regretté que les infrastructures et les ressources humaines nécessaires fassent souvent défaut. Il a également relevé l’importance que les TIC soient abordables et faciles d’utilisation. Pour toutes ces raisons, il a demandé davantage de soutien technique et financier de la part de la communauté internationale, pour permettre que les TIC soient accessibles aux millions de personnes vivant dans les pays en développement.
S’intéressant plus précisément à son pays, le délégué a expliqué que le secteur technologique est l’un des plus dynamiques en Inde. Il a souligné que grâce aux exportations, ce secteur a contribué de manière significative à l’économie indienne en général. Il offre aujourd’hui un emploi direct à près de 2 millions de personnes et, de manière indirecte, à 8 millions de personnes supplémentaires, a-t-il précisé. Il contribue en outre à 5,5% de l’économie nationale, a ajouté M. Anwar. En guise de conclusion, il a certifié que son pays s’engageait à partager avec d’autres pays en développement ses connaissances et son expérience dans le domaine.
M. EL HADJI MAGATTE SEYE (Sénégal) a estimé que si l’usage des TIC était porteur de grandes promesses, une large composante de l’humanité courait cependant le risque d’en être marginalisée. Il a rappelé qu’il ne fallait pas considérer les TIC comme une fin en soi mais comme un « moyen efficace de promotion du développement durable ». Il a constaté qu’en dépit de certains progrès, l’Afrique restait le continent qui profitait le moins des opportunités de la révolution numérique. Il a affirmé que cette situation s’expliquait notamment par la persistance d’obstacles liés aux coûts élevés des communications, par l’absence d’infrastructures adaptées et des déficits dans la formation. Le retard de l’Afrique vient aussi de déficiences dans la fourniture de l’assistance technique, dans les investissements et dans le financement de l’accès aux TIC dans les pays en développement, a estimé le représentant. Il a souligné que le Fonds de solidarité numérique, créé en 2005 sur proposition de l’Afrique, visait à répondre au défi de la fracture numérique par un partenariat qui favorise le renforcement des capacités numériques du Sud et ouvre des opportunités de marchés pour les entreprises et les pays partenaires. Il a noté que le Fonds était déjà opérationnel dans les domaines de la télémédecine et du télé-enseignement et fonctionnait exclusivement avec des contributions volontaires publiques ou privées. M. Seye a aussi mis en avant le mécanisme de mobilisation des ressources proposé par le Fonds, soit le principe du « 1% de solidarité numérique ». Il s’agit, a-t-il expliqué, pour chaque fournisseur de biens et services y ayant souscrit de verser au Fonds 1% du montant de chaque transaction, prélevé sur sa marge bénéficiaire, pour financer l’acquisition de biens et services numériques destinés à combler le fossé entre le Nord et le Sud. Faisant part des initiatives de son pays en matière numérique, il a indiqué que le Gouvernement du Sénégal avait mis en place un réseau national de solidarité visant à doter l’ensemble des écoles d’ordinateurs. De même, il a fait remarquer que le Sénégal avait voté une loi sur le « 1% de contribution de solidarité numérique » qui s’applique à tous les contrats d’acquisition publique de biens et services numériques.
Mme ZAKIA EL MIDAOUI (Maroc) a insisté sur l’importance que les TIC ont en matière de promotion du développement et a dit combien il est nécessaire de maintenir les efforts entrepris en ce qui concerne leur diffusion et leur utilisation. Notant les inégalités qui persistent, elle s’est félicitée de la création du Fonds de solidarité numérique, dont le Maroc est un membre fondateur. Elle a précisé que son pays s’était engagé, par le biais de ce Fonds, à contribuer aux efforts visant à combler le fossé numérique, notamment en Afrique. Elle a aussi mis en avant l’Initiative « Connecter l’Afrique », lancée en octobre 2007 à Kigali, au Rwanda, afin de mobiliser les ressources humaines, financières et techniques africaines pour mettre les TIC à la portée de toutes les communautés rurales d’ici à 2015. S’agissant de son propre pays, elle a fait valoir qu’il connaissait la plus rapide croissance à travers le monde en ce qui concerne l’indice d’opportunité numérique, établi par la CNUCED et l’UIT. Mme El Midaoui a aussi indiqué qu’en 2005, le Maroc avait lancé une cyberstratégie nationale, « e-Maroc 2010 », dont les objectifs principaux sont la réduction de la fracture numérique et le positionnement international du Maroc dans ce domaine.
La représentante a noté qu’il subsistait des problèmes d’accès et de déficit de connaissances au Maroc, et que la stratégie « e-Maroc 2010 » visait aussi à développer un contenu marocain utile et pertinent, à mettre à disposition des infrastructures performantes au meilleur prix, à offrir un accès généralisé à toute la population à la société de l’information et à offrir une formation en TIC adaptée à tous. Par ailleurs, Mme El Midaoui a ajouté que le commerce électronique, autre composante de « e-Maroc 2010 », en était à sa phase de démarrage et avait nécessité la mise en place d’un environnement juridique adéquat. En outre, elle a constaté que de nombreux programmes en matière d’administration électronique étaient déjà opérationnels, notamment pour la douane, la sécurité, l’éducation et les marchés publics. Enfin, elle a mis l’accent sur les adhésions du Maroc à des accords passés sur l’utilisation des TIC, arguant que cela avait permis à de nombreuses entreprises nationales de s’installer à l’étranger, donc d’augmenter les flux d’échanges régionaux et continentaux et de réduire la pauvreté.
M. MOHAMED AL MURBATI (Bahreïn) a relevé les impacts significatifs de la progression de la connaissance, de la technologie, et de la science sur la vie économique et sur la société. Il a souligné que la révolution technologique joue un rôle prépondérant pour le développement et dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a expliqué que le Gouvernement de Bahreïn a donné la priorité à la gouvernance par Internet. Dès lors, à Bahreïn, il est notamment possible de payer ses factures d’eau ou d’électricité par Internet, et aussi de faire par exemple une demande de visa par Internet, a-t-il précisé. Il a également annoncé que le Gouvernement bahreïnite a l’intention de lancer toute une série de services pour répondre aux besoins vitaux des citoyens. Il a indiqué qu’en 2004, le Ministère de l’éducation nationale a signé un accord avec Microsoft pour former les enseignants à l’utilisation des TIC et pour favoriser les emplois dans le secteur des TIC. Le Bahreïn a par ailleurs créé, en 2005, une « carte intelligente » qui sert de carte d’identité, de permis de conduire, de carte de résidence et de document de voyage accepté dans les pays du Golfe. Cette pièce électronique sert également de carte de vote. Bahreïn est en outre le premier pays arabe à avoir organisé un référendum par Internet, a indiqué le représentant. Il s’est ainsi félicité de la place « d’avant-garde » qu’occupe son pays dans le domaine de la gouvernance par Internet. Il a également fait part du projet lancé par Bahreïn, de créer, sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), un centre régional de la technologie destiné à assurer une utilisation optimale des TIC dans la région du Golfe.
M. VIKTAR SHAUTSOU (Bélarus) a estimé que les efforts déployés à ce jour pour la promotion des TIC en faveur du développement n’étaient pas suffisants et qu’il fallait renforcer les synergies entre les mécanismes existants, ainsi que la complémentarité des initiatives internationales prises en matière de TIC. Il a mis en exergue la nécessité de mettre au point, au plus vite, des mesures efficaces pour le développement et l’utilisation des TIC au niveau international. Dans cette perspective, il a appuyé les recommandations pratiques formulées dans le rapport du Secrétaire général sur ce sujet. Il a notamment soutenu la proposition de l’établissement d’un inventaire par la Commission de la science et de la technique au service du développement, en ce qui concerne les programmes prévus par le SMSI. S’agissant de la situation au Bélarus, le représentant a fait valoir que le Gouvernement s’employait activement à renforcer le potentiel technologique du pays et essayait de réduire le fossé numérique existant entre les populations rurales et urbaines. Il a notamment cité l’accomplissement de progrès dans les domaines de la télémédecine, du commerce électronique et de l’éducation à distance. En outre, il a fait part de la création au Bélarus d’un système unique d’information en matière d’administration en ligne, intitulé « Bélarus en ligne ». Un autre projet est de créer des archives et un système de catalogue électronique de la Bibliothèque nationale du Bélarus, a-t-il souligné.
M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a fait remarquer que l’importance des technologies de l’information et des communications est largement reconnue et qu’il s’agit maintenant de se concentrer sur les moyens d’honorer les engagements souscrits à l’issue du SMSI et de mettre les TIC au service du développement. Il a, à cet égard, rappelé qu’une demande a été formulée à l’attention du Secrétaire général pour qu’il favorise la coopération concernant la gouvernance de l’Internet, et pour qu’il promeuve la tenue de consultations entre toutes les parties prenantes pour leur permettre de trouver un terrain d’entente. Le représentant brésilien a déploré que la coopération n’ait pas progressé autant qu’espéré, et il a plaidé pour le lancement d’une meilleure initiative de la part de tous les États Membres. Il a également regretté qu’aucun financement n’ait été engagé pour l’organisation de telles réunions, celles-ci étant financées par des contributions volontaires uniquement, ce qui représente un financement « précaire », a-t-il estimé. Rappelant que le Forum 2007 sur les TIC et le développement avait été organisé à Rio, il a souligné que le Brésil est conscient des coûts que de tels forums impliquent. Mais ces forums constituent des mécanismes de suivi essentiels, a-t-il souligné. Le représentant brésilien a par ailleurs souhaité une plus grande participation des pays développés à ces rencontres. En effet, il a expliqué que les normes arrêtées dans le cadre du Forum de Rio n’ont jamais pu être réalisées par manque d’adhésion. Il faut que le Forum soit financé correctement et que le processus avance sous l’impulsion du Secrétaire général, a-t-il conclu.
Mme ANDA FILIP, Observatrice permanente de l’Union interparlementaire (UIP), a fait part des activités du Centre ONU-UIP pour les TIC au Parlement, qui a été établi en décembre 2006, et qui se propose d’aider les parlements à tirer partie des programmes de promotion des TIC en faveur du développement et de la démocratie. Elle a souligné que cette année, le Centre avait appelé tous les parlements à fournir, d’ici à 2020, des informations complètes sur le processus législatif dans chaque pays et à les publier sur Internet. Elle a aussi indiqué que le Centre avait tenu, en mai, un forum avec les commissions parlementaires s’occupant des TIC, afin de procéder à des échanges d’expériences. Parmi les sujets soulevés lors de cette discussion, elle a cité la nécessité d’une réponse appropriée à la criminalité cybernétique, et le respect des droits fondamentaux des utilisateurs de TIC. Elle a expliqué que le Centre cherchait à renforcer la capacité des parlements en identifiant et partageant les meilleures pratiques. De plus, elle a noté que le Centre œuvrait en faveur de l’usage des technologies modernes par les parlements, afin qu’ils soient plus transparents, plus accessibles et plus responsables, permettant ainsi à la population de s’engager davantage dans la vie publique. Mme Filip a constaté que seuls 10% des 105 assemblées qui ont fait l’objet d’une enquête en 2008 utilisaient largement les TIC. Elle a expliqué que de nombreux parlements étaient limités par leur manque de ressources. Mme Filip a insisté sur la nécessité d’augmenter le niveau de la coopération et de la coordination entre parlements, en mentionnant que cela devait se faire en partenariat avec toutes les parties prenantes, afin de permettre un meilleur usage des TIC dans les enceintes concernées.
M. WILFRIED LUETKENHORST, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a déclaré que l’ONUDI s’engage à promouvoir les technologies de l’information et des communications au service du développement et à combler la fracture numérique. Une productivité motivée par l’innovation constitue le moteur de la croissance des industries, a-t-il souligné. Il a fait remarquer que dans un monde où l’innovation et la compétition internationales se motivent mutuellement, les pays doivent déployer des efforts particuliers pour être à la pointe du progrès. Il a attiré l’attention de la Commission sur le rôle joué par les TIC en faveur de la croissance économique, mais également en faveur de la transformation sociale. Forte de cette certitude, l’ONUDI offre une assistance technique en matière de TIC, a précisé le représentant. Il a expliqué que l’une des stratégies clefs développées par l’ONUDI est la mobilisation de l’expertise du secteur privé au service du développement économique et social. Ainsi, l’ONUDI a signé des accords de partenariat avec deux compagnies majeures, a-t-il souligné, précisant que ces partenariats visent à promouvoir le développement des petites et moyennes entreprises par le biais des TIC et à offrir des formations aux TIC.
Note du Secrétaire général sur les programmes de communication pour le développement dans le système des Nations Unies (A/63/180)
Dans cette note, le Secrétaire général transmet le rapport du Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), présenté conformément à la résolution 50/130 de l’Assemblée générale. Par ce texte, l’Assemblée générale a souligné le rôle important que jouent les programmes de communication pour le développement dans le système des Nations Unies en accroissant la transparence de la coordination à l’échelle du système, ainsi que la nécessité de faciliter davantage la coopération interorganisations et de maximiser les effets produits par les programmes de développement.
Après avoir analysé la participation des organismes des Nations Unies à la mise en œuvre des programmes de communication pour le développement, le Directeur général de l’UNESCO indique dans ce rapport qu’il est important de veiller à ce que des ressources soient allouées aux efforts visant à faire de la communication pour le développement un volet prioritaire de toutes les activités et programmes des organismes, fonds et programmes du système de l’ONU.
Il rappelle par ailleurs que le groupe qui organise la Table ronde interinstitutions des Nations Unies sur la communication pour le développement s’efforce de nouer des liens formels avec le Groupe des Nations Unies pour le développement afin de résoudre certains problèmes communs, en particulier ceux qui ont trait à l’intégration de la communication pour le développement dans le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement en tant qu’activité prioritaire. Le Directeur général de l’UNESCO estime dans ce rapport que reconnaître à la Table ronde le statut de groupe de travail interinstitutions des Nations Unies lui permettra, lors de ses réunions biennales, de suivre non seulement l’application de ses propres recommandations, mais aussi les progrès accomplis dans l’intégration de la pratique de la communication pour le développement dans les mécanismes pertinents de planification et d’exécution des programmes menés au sein de l’ONU.
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